Les Morts vivants d'Ancienne Egypte existent-ils?

Les Morts Vivants d’Ancienne Egypte existent-ils?

by Gigal
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Quel sujet allez vous me dire ! Et pourtant, la question : « Les morts vivants d’ancienne Egypte existent-ils? », va nous entrainer sur des chemins bien inattendus mais ô combien importants…

Et tout d’abord, je vais insister sur un point qui me semble primordial et qui à ma très grande surprise est très peu commenté ces jours-ci alors qu’il est d’actualité. On assiste dans nos temps dits :  » modernes « , à une incroyable inversion des valeurs et en tout premier lieu à celle des mots, des dénominations. Or, toute expression de la Vérité, et toute notre histoire de l’Humanité : passe par les mots, leurs expressions, significations, leurs traductions et interprétations. Le mot et sa juste définition, son sens et sa bonne compréhension, son orthographe, son étymologie, sont les garants de notre mémoire et de toutes nos connaissances, dans le passé, le présent et notre futur. Pas la peine que je vous fasse un dessin pour le nom le plus courant de la déesse Égyptienne  Isis!

Déesse Isis dont le nom a été usurpé.

Déesse Isis dont le nom a été usurpé. Collage @AntoineGigal-2017

Je ne crois pas une seconde au hasard dans ce domaine, celui de la récupération de mots ou de noms à forte connotation positive pour les apposer à des choses  ou des concepts complètement contraires et négatifs  afin d’en détruire l’origine et le sens riche d’informations utiles et positives. L’inversion maléfique  du sens  des mots ou des noms est une totale involution qui amène peu à peu et systématiquement la destruction des valeurs de lumière, d’Amour et de connaissance  représentés à la base par ces mots, ces concepts, avant d’avoir été devoyés volontairement. En effet, pour un enfant d’aujourd’hui ou de demain, il se pourra qu’il ignore totalement la déesse égyptienne représentant la joie, les arts, l’amour, la fécondité pour ne retenir que le symbole de mort et de destruction et ne saura plus les valeurs rayonnantes de vie que représente la déesse Isis.

Aujourd’hui de même donc, je vais vous parler de ce terme des  » Morts-vivants «  si répandu aujourd’hui dans toutes ses représentations  » vampiresques  » et « zombiesques » pour répondre à la question : les Morts vivants d’Egypte existent-ils?   Pour vous démontrer peut-être  que chez les Anciens Égyptiens ce terme représentait exactement le contraire du sens d’aujourd’hui  !

Juste pour mémoire et pour bien clarifier les différences: le zombie à l’origine est en vérité : un être vivant a qui on a fait prendre des substances empoisonnées (dont la tétrodotoxine), le faisant tomber dans une profonde léthargie, lui donnant l’apparence de la mort et en le mettant parfois dans  état de véritable décomposition (donc un vivant avec juste l’apparence de la mort) mais gardant quelques facultés comme celle de pouvoir bouger sur ordre,  sous le contrôle total de celui qui lui a fait ingérer les substances psychotropes et neurotoxiques, souvent un sorcier vaudou. (Pour les preuves scientifiques et plus de détails: voir le reportage d’Arte fait par un médecin: https://www.youtube.com/watch?v=_2FuUnY99Kc voir dans références de cet article) .  Le vampire lui, apparait dans les récits sur terre pratiquement dans toutes les traditions, comme un mort victime d’une malédiction ou de mauvais agissements , revenant avec son corps matériel la nuit et ne pouvant s’y maintenir que grâce au sang qu’il boit des vivants. (Donc un mort avec l’apparence d’un vivant). Mais retournons en Egypte…

Antoine Gigal descendant en Egypte dans des souterrains

Gigal descendant en marche arrière dans un souterrain à Tanis, Egypt Photo©AntoineGigal-2017

<h2>Les défunts « morts-vivants » d’Ancienne Egypte </h2>

Il y a un mot en égyptien ancien pour désigner les défunts et c’est: « Maâkherou » , le défunt qui est passé devant le jugement des morts, celui qui a dit la vérité sur sa vie et qui a rendu des comptes : « qui est juste de voix » ou « justifié  » comme on le traduit souvent.  Suite à ce jugement un mort devenait vivant pour l’éternité  dans d’autes dimensions. Donc ces morts vivants, représentaient la vie dans sa plus grande expression puisqu’ils gagnaient la Vie pour toujours.  Mais ô surprise : un ancien égyptien  pouvait obtenir aussi cette dénomination de son vivant! Eh oui! Et ainsi devenait aussi une autre sorte de mort-vivant! Je vais vous expliquer…

Antoine Gigal avant de descendre sous Denderah

Antoine Gigal avant de descendre dans des souterrains égyptiens.Photo©Antoine Gigal-2017-Denderah

Les vivants « morts-vivants » d’Ancienne Egypte

Certains privilégiés très impliqués dans le spirituel en ancienne Egypte pouvaient accéder au statut de : « Maâkherou » normalement dénomination réservée aux défunts, pendant leur vie. Ils acceptaient de passer par plusieurs  initiations à Abydos, Bousiris, Memphis et Karnak et on en a des traces écrites ( et peut être encore dans d’autres lieux mais sans en avoir encore trouvé les preuves écrites sur des papyrii, des inscriptions ou sur des stèles, quoique pour ma part je pense qu’il y ‘en avait aussi dans l’île de Biggeh ou j’ai été une des rares à pouvoir en fouler le territoire, je vous raconterai cet épisode extraordinaire pour moi dans un de mes cours en ligne). Ces initiations impliquaient de passer par un jugement Osirien comme le défunt. Comme nous l’indique le papyrus de Leiden, et pour résumer : l’initié vivant passait par plusieurs stades : l’ouverture des portes du domaine sacré devant lui et l’accueil d’un prêtre d’Amon, une descente sous terre, une arrivée dans un au delà symbolique où un prêtre Anubis vous reçevait, l’ illumination après la vision du dieu ou de sa relique aprés ou avant une nuit de  sommeil passée sous terre, la reception du titre de justifié, puis le baptème de régénération dans l’eau lustrale du lieu sacré.

Antoine Gigal dans l'Osireion d'Abydos

Antoine Gigal dans l’Osireion d’Abydos qui était souterrain dans le passsé et où des initiations prenaient place photo©Antoine Gigal-2017

Le fait que celà se passe sous terre, dans un lieu pur : ( « l’abaton « , comme dans la grotte sous le Parthénon en Grèce) comme celui de l’Osireion d’Abydos, est de grande importance car pour les anciens égyptiens le Duat (Dwȝ.t) : le séjour des défunts, est bien souterrain même s’il est non conditionné par l’espace-temps. C’est Mircea Eliade qui écrit:   »  Tous les grands mythes de l’Orient ancien et du monde méditerranéen enseignent que la descente d’un vivant dans les profondeurs de la Terre mère, et l’acceptation des épreuves que comporte un tel retour aux sources de la vie, dispensent l’immortalité ; et la conquérir durant cette existence c’est être initié « . D’autre part, l’initié qui passait la nuit dans cet endroit faisait très souvent des rêves d’extrême importance pour ses problématiques et pour sa vie. C’est ce qu’on appelle : des lieux d’incubation de rêves et je vous en ai déjà parlé dans mes articles sur le serapéum et le sphinx.(voir dans les références ci-dessous).

Passage des initiés à Abydos

Un des passages souterrain de l’Osireion où le futur « Maakherou » passait.PhotoAntoine Gigal avant de descendre dans des souterrains égyptiens.Photo©Antoine Gigal-2017-Abydos

On a de multiples preuves de ce titre de Maâkherou  de défunt jugé , « de mort-vivant » attribué donc, également à des vivants qui auraient passé une sorte d’initiation : tel Paheri d’El Kab dans le récit de sa vie, tel Horsiésis dans le papyrus de Leiden, Baki dans sa stèle, tel Pa-di-khonsou dans son inscription, tel le simple scribe Amenemhat sous Toutmosis III dans une inscription et bien d’autres…

La vie et son inspiration par Antoine Gigal

On est vraiment vivant lorsqu’on est inspiré par la Vie pour se dépasser grâce à l’inconnu. Citation et collage@AntoineGigal 2017-

En Egypte Ancienne on valorisait avant tout les valeurs de la Vie, qu’elles soient aprés la mort ou avant, car l’essentiel de chaque être humain était pour eux,  de garder son coeur (ib) intact, car étant le siège de votre conscience, de votre mémoire et de votre singularité en terme de personnalité.  N’oublions pas que c’est le coeur qui fait la différence pendant le jugement Osirien du défunt : c’est cette partie du  corps du défunt et rien d’autre qui est placé sur le plateau de la balance pour être jugé par les principes de Mâat, de vérité et de justice. Le défunt a-t-il été suffisament juste en pensée , en paroles, en action pour que le plateau de la balance au moins s’égalise avec celui de la plume de justice ? Pouvait-il continuer à vivre dans une meilleur dimension cette fois?

En tout cas, celui qui acceptait d’affronter un tel jugement de son vivant, le faisant en conscience et s’y était sans doute préparé depuis longtemps, multipliant les bonnes actions et ayant travaillé sur sa propre vérité, sa sincérité. La vie dans toute sa splendeur ne mérite-t-elle pas d’être vécue pleinement, en toute sincérité, dans l’humilité de ce qui nous attend et qui nous est inconnu, dans des valeurs de bienveillance, de partage et de dépassement de soi-même? En tout cas les Anciens égyptiens n’étaient pas du tout fascinés par la mort comme notre culture d’aujourd’hui, mais bien par la vie, pour la préserver au maximum et pour notre éternité.

© Texte, Photos & collages ©AntoineGigal-2016

Copyright©2017. Tous droits reservés.

(Je prépare des ensembles de e-classes pour vous, si vous êtes passionné par les enseignements égyptiens, l’une des séries vous permettra de recueillir les connaissances des anciens prêtres égyptiens et l’autre est un travail sur votre destin avec les philosophes d’Alexandrie et encore bien d’autres sujets!

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RÉFÉRENCES :

Mircea Eliade, Naissances mystiques,Paris 1959, p 127

N.deG.Davies, The tomb of Amenemhet, the Theban tombs series,I London,1915, p47

H.Frankfort, The cenotaph of Seti I at Abydos, London, 1933, The Egypt Exploration Society-

A.Varille, Stèle de Baki, Turin, n°156, B.I.F.A.O. tome 54, Le Caire, 1954, p131.

Enquête d'ailleurs - Les zombies d'Haïti: Reportage Arte https://www.youtube.com/watch?v=_2FuUnY99Kc

Antoine Gigal: Article n°2 sur les secrets du Serapeum :http://www.gigalresearch.com/publications-serapeum-2.php

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3 comments

Marie janvier 23, 2017 - 4:27

Merci Gigal ! Passionnant !

Reply
Gigal janvier 23, 2017 - 5:23

Merci !

Reply
Laurent janvier 22, 2017 - 4:50

Magnifique documentaire Merci!

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