Gigal and the Henu sign

Le Salut de Résurrection des Anciens Egyptiens et les deux âmes mystérieuses

by Gigal
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Dans cet article nous allons essayer  d’expliquer le  salut de résurrection des Anciens Égyptiens et les deux âmes mystérieuses qui lui sont reliées… Sans aucun doute pour moi, ce sont là, des éléments extrêmement importants convoyant  l’héritage que souhaitaient nous transmettre les Anciens Égyptiens,  recèlant des messages  précieux pour notre humanité comme vous allez le voir …

La video teaser de cet article:  https://youtu.be/4CM2Ypb56a8 

Le salut de résurrection  Henou

D’abord en quoi consiste ce salut? Il s’agit du salut Henou  souvent traduit par : « salut de louange », « salut d’adoration », mais qui, pour moi, après avoir bien étudié la chose depuis longtemps, signifie également et bien plus  : un salut de résurrection.  Encore faut-il bien comprendre ce que l’on met derrière le mot : résurrection, et quand nous verrons cela un peu plus loin , nous verrons un aspect inattendu de la chose, un événement qui a été enfoui si profondément dans notre inconscient collectif que nous avons beaucoup de difficulté à l’admettre, quelque chose « d’énorme », comme on dit aujourd’hui, et qui va changer beaucoup notre façon de voir notre histoire comme vous allez le découvrir…l’histoire d’une lutte immémoriale qui nous touche tous

Une fois de plus je m’attache à voir les éléments que nous avons, si possible, comme un ancien égyptien le ferait, à la lumière de tout ce que j’ai vu et appris.  À la fois sur le terrain ici, en Egypte que je connais parait-il : mieux que les égyptiens eux-mêmes, comme ils aiment à me le répéter partout, tellement je connais ce territoire dans ses moindres recoins, et aussi grâce aux anciens textes que je parcours depuis plus de vingt ans, car il en faut du temps pour retrouver, les façons de penser, les liens entre les choses et l’essence même de leur conception de la vie, de notre histoire. C’est pourquoi je  me suis mise en immersion totale depuis tout ce temps, un cheminement humble et exigeant dédiant ma vie à cette recherche prenante et très sincère, quittant des chemins plus classiques et honorifiques, pour pouvoir vous apporter le meilleur et surtout le plus utile de mes recherches tellement je suis persuadée (et de plus en plus) que ce que savaient les anciens égyptiens est primordial pour notre futur et pour une bonne compréhension de notre passé, et ceci pour nous tous.

Aussi je vous invite à vous concentrer sur la suite de cet article qui demande une attention particulière si vous vous intéressez particulièrement à comprendre les méandres de la pensée des Anciens Egyptiens. Mais une fois que vous vous êtes concentré tout devient clair. (Je vous conseille d’ailleurs de le lire à haute voix et d’une traite ).

Henu salute hieroglyphicLe Henou est une pose particulière de salut , genou droit à terre, un poing gauche, fermé, frappant la poitrine, l’autre poing : le droit,  élevé sur le côté de la tête un peu au dessus, le bras plié. Le hiéroglyphe entier le représente très bien. Je vais être en mesure d’ailleurs  de vous expliquer plus loin, le sens du poing levé dans cette posture, chose qui à ma connaissance n’a encore jamais été faite…Ce geste de louange Henou était réservé au salut devant les Neteru (généralement mal traduit par : dieux) ou au soleil levant, ou -et c’est là l’intéressant- devant  » le roi de résurrection » autrement dit un Osiris : quelqu’un capable  de revenir à la vie, quelqu’un capable de sortir de sous terre pour revenir à la lumière des vivants, quelqu’un capable de vaincre les obstacles de l’ombre et du sombre…le salut de résurrection par excellence….

Ce salut Henou est  réalisé par Sokar/Horus(une représentation d’un être à tête de faucon ) et par  Anubis (la représentions d’un homme à tête de chien /loup)  dans l’iconographie égyptienne. En voici un exemple  dans la photo ci-dessus prise au Musée du Caire. Je me trouve donc au milieu de ces deux statues et ce sont eux les mystérieuses âmes effectuant ce salut. Alors pourquoi et quelle signification importante se cache derrière ces deux statues ? Je vais tâcher de vous expliquer cette mémoire si importante et significative que les anciens égyptiens ont réussi à nous transmettre.

Mais avant de vous parler en détail de ce salut Henou et de son lien avec les deux mystérieuses âmes immortelles, je dois vous parler un peu d’Osiris et de certains lieux qui lui sont consacrés.

De Giza à Sokar/Osiris :

Le plateau de Giza est bien, selon les plus anciens textes égyptiens (Textes des Pyramides) : « Per Wasir neb rosetjaou », c’est à dire, « La maison d’Osiris le Seigneur de Rosetjaou «  (( Rosetjau ( ou Rosetaou, Rosetaw,) et non pas occidentalisé à la : « Rostau » comme on le voit souvent ! Mais qui peux se lire:  Rasetau ou Resatau ou Rosetau et qui pour un ancien égyptien évoquait à la fois: la bouche, une embouchure, l’entrée des passages (si on lit Rosetaou).

Mais aussi avec le suffixe égyptien : sta : ( trainer, remorquer mais aussi être en arrière )) + u (ou « w », « ou ») qui est la marque du pluriel, on pouvait comprendre si on le lisait : Rasetaou : « l’endroit oû le soleil reste en arrière » ce qui est logique pour des souterrains. Et si on le lit : Resetau : « l’endroit où sont les éveillés »( de Re : « être éveillé »). On se rend compte que tous ces sens sont justes en fait, sans oublier  que ce suffixe « sta » à une origine sanskrite et voudrait dire: « passage pour une destination » (et de « seta »: le sillon)  ce qui correspond totalement puisque pour moi Giza est bien le départ de souterrains allant jusqu’au sud  de l’Egypte (nous en reparlerons). De plus, le mot : « trainer » , « remorquer  » évoque de suite, d’ailleurs : l’être divin Sokar sur son traineau qui progresse dans les souterrains du Duat comme il est représenté marquant son sillon dans le sable.

Sokar ( ou Seker ) à la tête de faucon,  étant à l’origine le dieu Osiris, un Osiris bien plus ancien.  Le nom Sokar viendrait de son cris à Isis (ou à Dieu devant l’arrivée des eaux du Déluge, selon d’autres textes) : « Sy-K-ri «  ( « Au secours! « ) selon ce qui est traduit officiellement d’après Les textes des Pyramides.  Skr indiquant aussi le nettoyage de l’entrée, la protection de l’entrée et aussi la purification, l’ouverture de la bouche pour la cérémonie du même nom. Bref : un gardien d’une entrée ce qui correspond bien pour moi au véritable rôle de Sokar après l’avoir étudié des années. Il faut vous habituer à la gymnastique extraordinaire qui fait qu’en ancien égyptien un mot veux dire plusieurs choses à la fois par ses sons, ses prononciations, ses représentations, ce qui permet de préserver plusieurs niveaux de lecture selon votre propre niveau de connaissance et protège aussi des blessures et déformations  du temps, les significations importantes. Retenons que par extension Horus qui est le fils d’Osiris/Sokar a bien les caractéristiques de son père c’est à dire une tête de faucon. C’est là la marque de famille.

Sokar_by_Antoine_Gigal

Sokar proue de son bateau à Edfou Photo©AntoineGigal2017

Donc, pour l’instant retenons qu’OSIRIS c’est SOKAR et que le fils est Horus : tous à tête de faucon, pour vous simplifier la tâche . Pourquoi est-ce important pour le sujet qui nous intéresse aujourd’hui ?

La barque HENOU de SOKAR

Mais d’abord parce que le nom de la barque de Sokar trainée sur le sable des souterrains au départ de Giza sur un traineau se nomme aussi HENOU et s’écrit avec le même hiéroglyphe ! Nous allons en reparler plus loin. Voici le premier lien avec le salut HENOU qui nous occupe aujourd’hui.Henu_bark

Henu_boat

La barque Henou de Sokar

D’autres lieux liés à Osiris/Sokar: plus loin au sud sur le plateau de Giza, vous avez Abousir en ancien égyptien :   » Per Ousir » , « La demeure d’Osiris »(N’oubliez pas Osiris= Sokar). Puis, on retrouve également Osiris à Abydos, dans le sud, à 550 km de Giza, un des sites les plus anciens et les plus religieux  d’Egypte, qui est en fait le site principal du culte d’Osiris, fondé par les  dirigeants prédynastiques et Thinites.

Abydos lieu de commandement d’Osiris ?

Fosse à bateau, Abydos Photo:Thanks to Egyptian AntquityMinistery

À Abydos, en ancien égyptien Abdjou : « La colline du reliquaire «  (et en arabe : « Araba el madfuna « , « La colline des véhicules enterrés (des bateaux) »), on trouve comme à Giza et Abousir des bateaux très anciens enterrés dans le sable. Le nom de cette colline implique que ce lieu en plein désert , surélevé lui aussi sur une sorte de plateau, contiendrait souterrainement quelque chose d’important et de sacré. D’ailleurs à Abydos, l’archéologue David O’Connor y découvrit en 1991 : 12 fosses à bateaux près de l’enclos du pharaon Khasekhemwy ( 2675 Avant J.-C. , 2 ème dynastie officiellement), puis en 2000 : 14 bateaux qui sont considérés comme les restes les plus anciens de navires jamais retrouvés sur terre avec une datation encore plus ancienne remontant jusqu’à 4000 Av. J.-C..  Et plus récemment on en a retrouvé près de la tombe de Sesostris III. De plus,  selon les experts ( projet Matthew Adams) , des universités  NYU-Penn-Yale : ces bateaux ne seraient pas de simples esquifs comme la thèse officielle aimait le marteler  ( la thèse de soit-disant bateaux symboliques pour emporter l’ âme de pharaon) mais bien  au contraire : des vaisseaux véritables viables et spacieux pouvant accueillir jusqu’à 30 rameurs. Et dans la tradition : Abdjou/Abydos est le lieu où a été enterré la tête d’Osiris ( comprenez là où fut son commandement : son chef (latin : caput: Tête)). Autrement dit , Osiris régnant sur le monde souterrain, c’était là son lieu de commandement et nous allons voir quelle fut l’incroyable bataille qui eût lieu à cet endroit.

L’Emplacement géographique du Duat

Tracez un ligne entre Giza et Abydos et vous avez là pour moi après des années de recherches, exactement l’emplacement du Duat. Dans le Livre de l’Amenta qui donne la description de ce qui se trouve dans le Duat, il est précisé que ce monde souterrain se trouve à 230 m de profondeur (après conversion) et que pour y accéder il faut choisir entre deux voies: une par terre et une autre par rivière. Et le plus grand  site de pèlerinage pour Sokar  ( le Shetuyet) où venaient des milliers de pèlerins de l’Antiquité était d’un côté à Rosetau à Giza et l’autre lieu de grand pèlerinage était  à Abydos...A ces deux endroits de chaque côté vous avez des bateaux enterrés….

Il est bon de retenir,  que partout en Egypte où se trouvent des bateaux et leurs fosses vous retrouvez toujours le maitre du monde souterrain, le seigneur Sokar/Osiris comme un fil rouge vous indiquant un chemin…Ce chemin est supervisé par Sokar. Dans le livre de l’Amenta : «  Ce qui se trouve dans le Duat », le monde souterrain, on trouve Sokar à la 4ème et 5ème heure du Duat et on le nomme :  » Roi d’éternité, Prince de la terre du silence, inspirant une grande affection » représenté souvent avec deux ailes déployées et  sa tête de faucon. On sait par de nombreux écrits que Sokar habite dans le Duat sur une terre étrange où même Râ n’a pas accès, un fait sans précédent dans le panthéon égyptien mais qui s’explique : le soleil n’entrant pas dans les souterrains. On le dépeint souvent sur un tertre où se trouve un cône noir : la colline d’Abydos, celle de Giza ? Et il est dit que ceux qui s’aventurent dans le Duat en barque voient leurs esquifs se transformer en serpent ( serpenter) pour pouvoir longer les rives du royaume de Sokar. On a aussi le « Livre des deux voies » qu’on appelait autrefois le « Livre des chemins de Rosetjau »…Et pour moi il ne s’agit en rien d’une géographie mythique mais bien d’une réelle…qui a été mythifiée plus tard.

« Le jour du grand conflit » :

Alors que s’est-il passé à Abydos/Abdju ? Dans une inscription d’un grand prêtre d’Osiris : Nebwawi sous Thutmosis III, il est fait mention de : « l’arche » d’Osiris à Abydos. Et dans la stèle d’Ikhernofret:  » Maitre des secrets et grand trésorier « sous Senusret III (1848 Av. J.-C.), il est écrit comment il reçu commande du pharaon de faire construire des monuments en offrande à Osiris à Abydos  et il y est fait mention de la célébration d’une fête de très grande importance nommée : » Fête du sortir au jour » ( cela vous rappelle le véritable titre du Livre des morts qui doit se traduire : le Livre du sortir au jour). Or cette fête est très révélatrice. C’était la commémoration  d’une sorte de « Passion » ayant eût lieu à Abydos même.  On y emmenait en procession la barque dite  » Brillante dans la vérité » et on y faisait progresser une statue d‘Upouaout/Anubis : « L’ouvreur de chemin » : fils d’Osiris (et de Nephtys) avançant sur des eaux calmées ( après un déluge ?). On y mimait ses combats pour défendre son père Osiris (enfermé sous terre), son arrivée dans son refuge à Abydos pour le délivrer et sa victoire. Il y a beaucoup de traces de récits d’un combat entre le fils d‘Osiris-Sokar et les forces sombres de Seth pour pouvoir porter secours à son père réfugié sous la terre dans la fameuse colline d’Abydos. D’ailleurs d’autres barques étaient venues au secours d’Osiris comme celle de Thot.

Ancient_Abydos_site_ by_Antoine_Gigal

Le site sacré de l’ancienne Abydos encastré entre les falaises d’Anubis et de Pega, le Nil se trouvait à droite de la photo devant le temple de Seti 1er Photo@AntoineGigal-2017

Cette fête est une véritable reconstitution de ce haut fait du passé qu’Ikhernofret nomme  » le jour du grand conflit » ( « That day of the Great Conflict » comme le traduit remarquablement J-H Breasted), il raconte :  » J’ai célébré la grande fête de la « Grande sortie  » en suivant le dieu à son arrivée » ( Upuaout/Anubis)  et :  » J’ai repoussé les ennemis depuis la barque sacré, j’ai renversé les ennemis d’Osiris« ...Imaginez que la reconstitution de cette bataille était reproduite chaque année pendant des siècles non seulement par les grands prêtres mais par toute la population qui se battait pour jouer un rôle dans la procession et la bataille reconstituée en anniversaire. Juvénal l’auteur romain (1er siècle et 2ème siècle après J.-C.) qui s’était réfugié  en Egypte raconte, tout comme Hérodote (428-425 Avt J.-C.) que les gens, d’ailleurs, participaient à cette reconstitution avec un grand enthousiasme : il s’agissait de repousser les forces sombres! Ce n’était pas pour rien, il fallait absolument entretenir dans les mémoires ce fait ancien.

Des ennemis puissants avaient essayé de bloquer la sortie d’Osiris de son refuge souterrain à Abydos ( pendant ou peu après un déluge ?). Car cette grande bataille est décrite comme une victoire pour l’humanité. Dans: « Le livre de la vache céleste », le récit commence par une version du déluge en Egypte dans le chapitre : « Histoire de la destruction de l’humanité «  où il est raconté que les hommes et dieux vivaient en bonne entente dans le passé jusqu’à ce que certains sur terre, dirigés par le groupe de Apap (Apophys en grec) (nommé : hydre-serpent) se rebellent contre Ra qui fut obligé d’envoyer un déluge pour en finir avec ce groupe malfaisant tout en préservant certains autres.  N’oublions pas aussi que si le nom d’Osiris est mentionné pour la première fois dans le Texte dit des Pyramides datant de 2300 avant J.-C. , des égyptologues comme le grand Budge, et bien d’autres, soulignent que le contenu de ce texte est le résultat de milliers d’années encore  précédentes.

Je considère comme parfaitement indécent de traiter de « mythique » des récits historiques, juste parce qu’on ne les comprends pas, ou qu’on les traduits mal, ou que l’on décide qu’un grand déluge n’a jamais existé juste parce qu’on en a peur ou que cela dépasse notre acceptation de la réalité ou notre entendement limité.   C’est Osiris/Sokar lui-même qui déclare dans le  « Livre du sortir au jour » : « Les tunnels de la terre m’ont donné naissance ». Et il y est aussi mentionné qu’Osiris/Sokar appela à l’aide le Seigneur du déluge : « Le Grand sans limites » lorsqu’il vit arriver l’eau, d’où le nom de Sokar : « au secours  » comme je vous l’ai écris plus haut... Le très sérieux Plutarque qui a écrit un livre savant sur le culte rendu à Isis et Osiris ajoute qu’ensuite : « Osiris devint pharaon d’Egypte avec Isis » et qu’ils construisirent Thèbes« …

 Ce que vous savez jusqu’à maintenant :

Donc maintenant : vous avez connaissance de la barque d’Osiris/Sokar qui se nomme Henou comme le salut qui nous intéresse ici,  vous avez vu le lien entre Anubis et son père Osiris : sa bataille sur l’eau à Abydos pour délivrer son père bloqué par Seth dans ses souterrains, l’empêchant de sortir à « la lumière du jour », bataille nommée le : « jour du grand conflit » contre les forces sombres et qui était commémorée chaque année pendant des siècles par les égyptiens. C’est seulement maintenant que nous allons pouvoir  parler des deux âmes mystérieuses liées au salut Henou.

Le salut de resurrection Henou par les Bau collage@AntoineGigal

Les deux âmes mystérieuses et les clans :

Ces deux âmes, ces deux Neteru qui sont liés au salut Henou sont Anubis et Horus/Sokar comme je vous le disais au début de cet article.

Horus et Anubis sont considérés dans les Textes comme les prédécesseurs de tous les pharaons, avec le salut Henou, ils saluent Ra, le soleil levant, symbole de la résurrection pour marquer ce qu’ils doivent à Dieu, cette victoire sur les forces sombres qu’ils ont courageusement arrachée, faisant par là même revivre l’humanité après :  » ce jour du grand conflit » …Les textes égyptiens nous parlent de cette terrible Apocalypse mais dont ils seraient sortis vainqueurs finalement et grâce à certaines familles, certains clans…

Horus_Sokar_doing_Henu_sign_by_GigalTout d’abord, il faudrait considerer ces deux ancêtres d’une façon plus anthropologique que nous ne le faisons d’habitude. C’est à dire en terme de familles,  de tribus avec leurs totems. La tribu d’Anubis portant le totem du chien/ loup/chacal et la tribu d’Horus : portant leur totem à tête de faucon. je vois trop souvant la traduction douteuse en français  de: « suivants », en anglais : « followers «  , or il s’agit plutôt des descendants d’Horus et d’ Anubis. Nous sommes face à deux tribus illustres portant leurs totems jusqu’à nous. On sait par l’historien égyptien Manéthon  qu’ils régnèrent sur terre avant la première dynastie égyptienne  (officielle d’aujourd’hui) : celle de Menès (et on a même plus de précision dans une traduction arménienne d’Eusèbe (Chronica) nous spécifiant que cette période aurait été de 9113 avant J.-C. à 3300 avant J.-C..  Pour ma part elle pourrait bien remonter à 12000 avant J.-C. mais il va nous falloir trouver d’autres éléments concluants ). En tout cas, il est très important de comprendre simplement que chaque fois que nous voyons Horus ou Anubis cela fait référence à deux tribus très anciennes avec leurs totems, leurs hommes, et leurs descendants, ayant joué un rôle très important pour délivrer Osiris et sans doute toute une population et combattre des forces sombres qui auraient presque totalement pris le pouvoir à un certain moment suite à une catastrophe…

Ces deux âmes, et leurs clans représentent les grands Ancêtres et avaient deux lieux d’origine et de prédilection, deux véritables  sanctuaires (de sanctus, ‘sacré, devenu sacré, par son association au Divin) on les nommaient ainsi :    » Les Âmes de Pe et de Nekhen« .

LES ÂMES DE PE ET DE NEKHEN : les âmes des ancêtres qui même une fois morts, continuent à PROTÉGER

Buto_Neken_sacred_citesLes Âmes de PE avec leurs totems à tête de faucon (ceux d’Horus, d’Osiris, de Sokar). La ville de PE (Buto), en Basse Egypte découverte par le grand archéologue Flinders Petrie en 1888, à environ 90 km d‘Alexandrie sur une branche du Nil, sur le site de Tell el Faraun ( la colline des pharaons) que Ra avait offerte à Horus quand celui ci avait été blessé pendant sa bataille pour le trône. PE/BUTO était déjà un site très important à l’époque  prédynastique et était à l’origine deux villes juste séparées par un canal : PE et DEP, unies en une seule, qu’on nomma: PER-WADJET sous la protection donc de Wadjet la déesse protectrice de la basse- Egypte, du delta, et des pharaons, avec son grand oracle. On sait aussi qu’il y avait un important sanctuaire d’Horus et plus tard un d’Isis.  Pour rappel : c’est Wadjet  qui protégea le fils d’Isis :  Horus de la colère assassine de Seth.   

Antoine_gigal_in_nekhen

Antoine Gigal à Nekhen Photo@AntoineGigal-2017

Les Âmes de NEKHEN avec leur totems à tête de chien/loup/chacal (ceux d’Anubis/Oupouaout et Horus aussi): leur ville-sanctuaire est NEKHEN  (Hierakonpolis) en Haute Egypte devenue aussi un centre de glorification d’Horus.  On trouve d’ailleurs sur le temple d‘Edfu  une représentation des deux âmes avec un texte disant: « Les âmes de Nekhen, ceux à l’aspect de loups qui soutiennent le faucon ». Le site de Nekhen est très ancien aussi puisqu’on le « remonte » aujourd’hui jusqu’à la culture Badarienne (environ 5000 ans Avant J.-C.)

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Antoine Gigal à Nekhen Photo@AntoineGigal-2017

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Anubis faisant le signe Henou, le salut de resurrection ©®AntoineGigal-2017

Ces deux âmes, ces deux représentants et ancêtres des deux clans aux totems de chien et de faucon sont représentés dans toutes les scènes de couronnement de pharaons et on les nommaient les BAU ( « b3w » : Les âmes) et ont les représentaient toujours faisant le salut de résurrection HENU. Même les pharaons Koushite (de Nubie et Soudan) révéraient particulièrement ces deux âmes, se considérant également leurs descendants. Les BAU de Pe et Nekhen sont bien les représentants des ancêtres égyptiens dont les pharaons sont les descendants, des hommes victorieux qui ont survécu à au moins un déluge et  une bataille terrible où ils ont mis toutes leurs forces au service de l’humanité. Ce sont ceux que l’on a nommé : les  Shemsu Hor : les descendants d’Horus.

Signification du poing levé et du poing sur le plexus : le salut de résurrectionHenu salute hieroglyphic

Maintenant je vais être en mesure de vous expliquer la signification du poing levé  et de celui sur le plexus, le coeur, dans le salut Henou, chose qui à ma connaissance n’a pas été encore faite à cette heure -ci.

Imsety_Denderah

Imsety à Denderah

Pour le poing levé : il est dit qu’ à PE/Buto il y avait aussi les deux fils d’Horus : Imsety et Hāpy. IMSETY qui était représenté avec une tête d’homme, gardien du Sud et représentant du foie ( gardien du foie dans les canopes funéraires)( je vous rappelle que le foie est l’organe multi-fonction par excellence dans le corps humain) et relié fortement à ISIS . Et HĀPY représenté avec une tête de babouin, gardien du Nord, représentant des poumons ( gardien des poumons dans les canopes funéraires) et relié à NEPHTYS.

Et il est dit enfin qu’à NEKHEN il y avait les deux autres fils d’Horus : Douamoutef et Kébehsénouf. DOUAMOUTEF représenté par une tête d’ Anubis, gardien de l’Est et représentant de l’estomac (gardien des poumons dans les canopes funéraires) et relié à NEITH. Et : KEBEHSENOUF à la tête de faucon protégeant les intestins, gardien de l’Ouest et relié à SELQIT.

Donc nous avons: Horus + Imsety + Hapy +Douamoutef + Kebehsenouf  comme les 5 doigts de la main  , les ancêtres vainqueurs, les 5 clans qui protègent toujours au delà de toute mort d’où le poing levé au ciel rappelant la force divine qu’on servi ces cinqs êtres et leurs descendants.

Nous avons bien ici une généalogie fort interessante à étudier, peut être la plus ancienne d’Egypte qui devrait apporter  au fur à mesure des recherches et des liens, beaucoup d’éléments pour une bonne compréhension de l’Egypte des origines.

Puis nous savons aussi que la barque HENU Henu_bark qui était au centre d’une très importante procession  partout, dans les temples d’Egypte  chaque  25 et 26 mois de Khoïak et  qui était suivie par 5 autres barques d’importance : celles de Hathor, Wadjet, Shesmetet, Bastet et Sekhmet ! Les cinq déesses léonines qui sont les  5 filles de Ra, les 5 aspects de la puissance de Ra, les 5 forces victorieuses de Dieu en toutes  circonstances… Voila pour moi, la représentation de l’autre poing des Bau dans le salut Henou ! Les 5 d’Horus et ses fils et les 5 aspects de la puissance de Ra, c’est à dire : toute la force divine et celle des ancêtres combattants rassemblée.…Chaque fois que le salut Henou est fait : c’est cela qu’il représente : le fait que le bien finit toujours par gagner sur le mal, le fait que le divin sur cette terre finit toujours par gagner même si c’est de façon cyclique et après de nombreuses batailles…voilà aussi ce que les anciens égyptiens ont bien voulu nous léguer comme message d’importance en insistant sur le fait que ces êtres d’exception sont toujours là, même si c’est dans l’invisible, pour veiller et c’est pourquoi ils firent ce salut pendant des siècles...Ce salut Henou fait au soleil levant ou pendant un couronnement, une naissance particulière, une procession d’importance, est la marque de la suprématie divine permettant la résurrection après le chaos, la vie après le drame et les affrontements décisifs, grâce au courage des ancêtres...

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Bibliographie: 

-Manethon : Ægyptiaca (ou Histoire de l'Égypte) est l'histoire de l'Egypte Ancienne, en trois volumes                                                                                                                                                                       -Eusebius de Caesarea  :  Χρονογραφία Chronographia, "Annales"ou Chronicon ( Παντοδαπὴ ἱστορία)                                                                                                                                                                   -Papyrus de Turin :   au musée égyptologue de Turin                                                                                                                    -Texte de la vache céleste: inscriptions des tombes de Toutankhamon (mort vers 1327 av. J.-C.), Séthi1er,RamsesII,III, VI.                                                                                                                                                                                                                -Le Livre des deux Voies ( ou deux chemins): écrit vers 2050 av. J.-C., est un des textes de sarcophages  de la nécropole de Deir el Bersha.                                                                                                                                                    -Textes des Pyramides d'Ounas (PT 214, 138c)                                                                                                             -Le livre des morts

-Katherine J. Eaton : The Festivals of Osiris and Sokar in the Month of Khoiak: The Evidence from Nineteenth Dynasty Royal Monuments at Abydos,2006

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